Déficits Immunitaires Primitifs

Les Déficits Immunitaires Primitifs en 4 questions 

Que sont les Déficits Immunitaires Primitifs ?

À l’origine, votre corps possède un système de défense complexe, destiné à vous protéger contre les envahisseurs tels que les bactéries, les virus et les champignons.

Chez les personnes atteintes d'un déficit immunitaire primitif (DIP), une partie de cette armée ne fonctionne pas correctement, ou peut même être absente dès la naissance. En conséquence, l'organisme a plus de mal à combattre les infections, ce qui peut se traduire par des maladies plus fréquentes, des infections plus graves ou des infections qui persistent plus longtemps que d'ordinaire (1).

Quelle est l'origine d'un Déficit Immunitaire Primitif ?

Ces déficits immunitaires sont généralement d'origine génétique, ce qui signifie qu'ils sont souvent transmis des parents à leurs enfants.

Bien que ces conditions soient présentes dès la naissance, il est important de noter que les symptômes ne se manifestent pas toujours immédiatement. Ils peuvent apparaître pendant l'enfance, parfois même très tôt, mais certains déficits immunitaires primaires ne sont diagnostiqués qu'à l'âge adulte(1).

Est-ce que les Déficits Immunitaires Primitifs sont fréquents ?

Le fait que les symptômes de certains DIP puissent apparaître tardivement dans la vie a une conséquence importante : le diagnostic peut être retardé, entraînant potentiellement des dommages irréversibles aux organes. Ce délai souligne la nécessité d'être attentif aux signaux d'alerte qui peuvent évoquer un problème immunitaire sous-jacent.

Les déficits immunitaires primaires sont relativement rares, mais ils sont nombreux, avec plus de 400 types différents identifiés à ce jour.

De plus, la nature génétique des DIP a des implications pour les autres membres de la famille. Comprendre que ces conditions sont souvent héritées peut encourager le conseil génétique et, si nécessaire, des tests pour les personnes à risque.

Est-ce que les Déficits Immunitaires Primitifs sont contagieux ? 

Pas du tout, les Déficits Immunitaires Primitifs ne sont pas contagieux(5).

Ils sont dus à des facteurs génétiques et ne peuvent pas être transmis d'une personne à une autre par contact. Les personnes atteintes de DIP sont plus susceptibles de contracter des infections, mais leur condition elle-même n'est pas transmissible.

Les Déficits Immunitaires Primitifs : en quelques chiffres

  • 400 nouveaux cas par an

  • 9/100 000 habitants

Il s'agit de pathologies rares dont l'incidence est approximativement de 400 nouveaux cas par an en France soit 1 naissance sur 2000, avec environ 6 300 personnes en France qui vivent avec cette maladie (soit 9,44 personnes pour 100 000 habitants) (données issues du registre national du Centre de Référence National pour les DIH, CEREDIH, 14/12/2021)

Quels sont les causes des déficits Immunitaires primitifs ? 

Les déficits immunitaires primaires sont principalement causés par des problèmes dans la formation ou le fonctionnement du système immunitaire lui-même, et non par des facteurs externes tels que des infections ou des médicaments (2).Il est également possible qu'une nouvelle mutation génétique survienne chez l'enfant, même en l'absence d'antécédents familiaux de DIP (5). 

La cause profonde de ces problèmes est souvent une mutation génétique héritée (2)

Ces erreurs génétiques peuvent affecter différentes parties du système immunitaire, qu'il s'agisse des anticorps, des cellules immunitaires spécialisées ou du système du complément (2).

Bien que la cause principale des DIP soit souvent génétique, il est important de noter que la base génétique exacte de certains DIP reste inconnue (5). La recherche dans ce domaine est continue, visant à identifier tous les gènes impliqués dans le bon fonctionnement du système immunitaire.

Comprendre les différents types de déficits Immunitaires Primitifs

Les déficits immunitaires primitifs sont classés en fonction de la partie spécifique du système immunitaire qui est touchée (1). Cette classification aide les médecins à mieux comprendre le type de problème immunitaire sous-jacent et à orienter les approches diagnostiques et thérapeutiques (2)

On distingue généralement quatre catégories principales :

Déficits en anticorps (Immunité humorale)

Les anticorps, également appelés immunoglobulines (comme les IgG, IgA et IgM), sont des protéines essentielles qui combattent les micro-organismes (2).

En effet, les problèmes liés aux lymphocytes B (les cellules qui produisent ces anticorps) ou aux anticorps eux-mêmes peuvent entraîner un risque accru d'infections respiratoires (sinusites, pneumonies, otites), de méningites, de septicémies et d'infections gastro-intestinales (1).

Il est également possible que des maladies auto-immunes soient associées à ce type de déficit (1).

À noter que certains déficits d'anticorps, comme le déficit en IgA, peuvent avoir des niveaux de gravité variables, certaines personnes ne présentant aucun symptôme (9)

Déficits cellulaires ou combinés (Immunité cellulaire et combinée)

Ces déficits peuvent impliquer l'absence ou le dysfonctionnement des lymphocytes T (Ces derniers sont un type de globule blanc central pour la défense contre les microbes) (2).

Ils sont souvent sévères et peuvent entraîner diverses infections graves ou atypiques, ainsi que des problèmes affectant d'autres systèmes du corps. Les déficits combinés impliquent des problèmes à la fois avec les lymphocytes B et T (7).

Désordres de la phagocytose

Certains globules blancs, appelés phagocytes, ont la capacité de “manger” et de détruire les microbes.

Un défaut dans cette fonction peut provoquer des infections cutanées récurrentes, des abcès et des infections touchant les ganglions lymphatiques, les poumons et les os (2).

Désordres du complément

Le complément est un ensemble de protéines qui jouent divers rôles dans la défense immunitaire.

Un problème à ce niveau peut entraîner des méningites, des infections respiratoires et des maladies auto-immunes.

Il est à noter que certains déficits du complément peuvent provoquer des épisodes récurrents de gonflement, appelés angioedèmes (2).

Quels sont les signes évocateurs d’un DIP ?

Il est important de savoir que les infections répétées sont un signe courant de déficit immunitaire, mais avoir de nombreux rhumes ne signifie pas nécessairement que vous en avez un (1). Les médecins s'inquiètent davantage lorsque les infections sont plus graves, persistantes, récurrentes ou causées par des organismes inhabituels (1). De plus, ces infections peuvent ne pas bien répondre aux traitements standards (2).

Le diagnostic des Déficits Immunitaires Primitifs : Quelles étapes ? Quels examens ?

Le processus de diagnostic d'un déficit immunitaire primaire commence souvent par une suspicion basée sur les antécédents médicaux du patient, en particulier la présence d'infections récurrentes ou inhabituelles (2).Un examen physique approfondi peut parfois révéler des indices supplémentaires (1).

L'histoire familiale du patient est également très importante dans le processus de diagnostic (2).

Le diagnostic est souvent posé par un allergologue-immunologue ou un spécialiste des déficits immunitaires (2).

Plusieurs types de tests peuvent être nécessaires :

Bilans sanguins :

  • Une numération formule sanguine (NFS) est réalisée pour vérifier le nombre et les types de cellules sanguines.
  • Les niveaux d'immunoglobulines (IgG, IgA, IgM, IgE) sont mesurés.
  • La réponse des anticorps aux vaccins peut être évaluée.
  • La fonction des cellules immunitaires peut être analysée.
  • Des tests spécifiques peuvent être effectués pour mesurer les composants du complément (1)(2).

Tests génétiques :

  • Les tests génétiques peuvent identifier des mutations spécifiques dans les gènes responsables des DIP.
  • Différents types de tests génétiques existent, ciblant des gènes spécifiques, des panels de gènes ou l'ensemble de l'exome ou du génome.
  • Le conseil génétique joue un rôle important pour comprendre les implications des tests génétiques (1)(2).

Autres tests :

  • Des tests cutanés peuvent être utilisés pour évaluer la fonction des lymphocytes T.
  • Dans certains cas, des biopsies des ganglions lymphatiques ou de la moelle osseuse peuvent être nécessaires.
  • Des examens d'imagerie (radiologie) peuvent être utilisés pour évaluer l'état de certains organes (1)(2).
  • Le dépistage néonatal.

Quels sont les différents traitements possibles ?

Bien que la plupart des déficits immunitaires primaires soient incurables, ils sont souvent traitables, permettant à de nombreux patients de mener une vie normale ou quasi normale (8). Les options de traitement varient en fonction du type et de la gravité du déficit :

Thérapie par immunoglobulines (IgIV/IgSC)

Ce traitement consiste à remplacer les anticorps manquants par des anticorps provenant de donneurs sains (3). Les immunoglobulines peuvent être administrées par voie intraveineuse (IgIV) ou sous-cutanée (IgSC) (3). Chaque voie d'administration a ses avantages et ses inconvénients en termes de fréquence, de lieu d'administration et d'effets secondaires potentiels.  L'objectif principal de ce traitement est de prévenir ou de réduire la fréquence et la gravité des infections.

Antibiotiques

Les antibiotiques sont utilisés pour traiter les infections bactériennes et parfois pour les prévenir (antibiotiques prophylactiques). Dans certains cas, des antibiotiques à faible dose peuvent être utilisés à long terme (3).

Transplantation de cellules souches hématopoïétiques (TCSH) / Greffe de moelle osseuse

Cette procédure consiste à remplacer le système immunitaire défectueux du patient par des cellules souches saines provenant d'un donneur (2). C'est une option de traitement plus intensive, généralement réservée aux DIP sévères (3). Le processus et les effets secondaires potentiels sont importants à considérer.

Thérapie génique

La thérapie génique est un traitement émergent qui vise à corriger le défaut génétique sous-jacent (1). Elle consiste à introduire des gènes sains dans les cellules du patient (3).

Zoom sur quelques Déficits Immunitaires Primaires spécifiques

Sources

Présentation des déficits immunitaires - Troubles immunitaires - Manuels MSD pour le grand public, consulté le mai 13, 2025, https://www.msdmanuals.com/fr/accueil/troubles-immunitaires/d%C3%A9ficits-immunitaires/pr%C3%A9sentation-des-d%C3%A9ficits-immunitaires

Immunodéficience primaire - AAIQ, consulté le mai 13, 2025, https://allerg.qc.ca/Information_allergique/6_1_primaire.html

Qu'est-ce qu'un déficit immunitaire primaire? – BPIDG, consulté le mai 13, 2025, https://bpidg.be/fr/dip/

LES DÉFICITS IMMUNITAIRES - Pôle de Biologie Pathologie Génétique - CHU de Lille, consulté le mai 13, 2025, https://biologiepathologie.chu-lille.fr/Flash_infos/LES_DEFICITS_IMMUNITAIRES.pdf

C'est quoi un DIP - Association IRIS, consulté le mai 13, 2025, https://associationiris.org/dip/cest-quoi-un-dip/

Déficits Immunitaire Commun Variable - IPOPI, consulté le mai 13, 2025, https://ipopi.org/wp-content/uploads/2017/07/Deficits-Immunitaire-commun-variable_06.02.08.pdf

Prise en charge du patient chez qui on suspecte un déficit immunitaire - Immunologie; troubles allergiques - MSD Manuals, consulté le mai 13, 2025, https://www.msdmanuals.com/fr/professional/immunologie-troubles-allergiques/d%C3%A9ficits-immunitaires/prise-en-charge-du-patient-chez-qui-on-suspecte-un-d%C3%A9ficit-immunitaire

Déficit immunitaire primaire - MediService AG, consulté le mai 13, 2025, https://www.mediservice.ch/fr/savoir/savoir/pid.php

L'immunodéficience primaire (IP) - Immunodeficiency Canada, consulté le mai 13, 2025, https://immunodeficiency.ca/limmunodeficience-primaire/limmunodeficience-primaire-ip/

Immunodéficience primaire - guide pratique pour les pédiatres - pädiatrie schweiz, consulté le mai 13, 2025, https://www.paediatrieschweiz.ch/fr/immunodeficience-primaire-guide-pratique/